L’embrasement semble inévitable

par mazaltop

Samedi, minuit à Metula, 23h à Paris

Drame, ce soir, à Be’er Sheva, quand un Grad s’est abattu dans une ruelle dans laquelle des civils, qui venaient d’abandonner leurs véhicules, s’empressaient à la recherche d’un abri. Un abri qu’ils n’atteindront jamais. Ils venaient d’entendre la sirène annonçant que des roquettes faisaient route en direction de la ville.

Un jeune homme a été tué sur le coup. Deux autres personnes se trouvent actuellement sur les tables d’opération de l’hôpital Soroka et sont entre la vie et la mort. Deux blessés supplémentaires du même incident sont dans un état qualifié de préoccupant.

Et le Dôme de fer, face à ces attaques ? peut-on se demander légitimement. Eh bien, nous avons été les témoins visuels de son efficacité, en compagnie d’habitants de la capitale du Néguev. Dans le ciel, c’était en rafales que les roquettes approchaient ; nous entendions distinctement le vrombissement sourd des missiles s’élançant vers les prédateurs, par deux ou par quatre. S’ensuivaient les explosions des Grad en vol, illuminant brièvement l’éther.

Des dizaines de projectiles, lancés par le Hamas, furent ainsi empêchés d’atteindre les demeures de l’agglomération de Be’er Sheva et ses quelques 250 000 âmes. Les badauds, à nos côtés, les yeux fixés vers le ciel, ponctuaient les coups au but de cris d’admiration et d’onomatopées imitant le bruit des missiles et des détonations.

« On dirait un feu d’artifice », s’exclama un voisin, la voix tremblante. Certes, mais c’est bien plus dangereux qu’un show pyrotechnique, car, pour efficace qu’il soit, Kipat barzel ne peut intercepter le cent pourcent des roquettes.

C’est d’ailleurs le message que s’efforce de propager la police, présente en nombre dans les rues de la capitale du désert : « Ne comptez pas sur le Dôme de fer, ne restez pas à l’extérieur pour regarder les interceptions, restez dans les abris et dans vos maisons, si vous n’avez rien à faire dehors, la dernière catastrophe aurait pu être évitée ! ».

Mais, posés dans un coin avec nos ordinateurs portables et nos téléphones, pour vous faire partager l’actualité de la guerre, nous sommes amenés à constater que la population – les jeunes surtout -, n’obtempère pas, malgré les sirènes qui retentissent encore de temps en temps.

La question qui est sur toutes les lèvres concerne l’envergure de la riposte israélienne, qui ne va pas tarder à commencer. Elle se décide en ce moment précis, au cours d’une réunion d’urgence du cabinet restreint de huit ministres, autour du 1er ministre Netanyahu.

Le dilemme auquel le gouvernement hébreu est confronté concerne le choix de la réplique : quelques actions bien senties sur des objectifs de la banque de cibles déterminée par le renseignement, ou une opération massive, pouvant aboutir à un Plomb fondu no.2.

La première option est tentante, d’autant plus que le Hamas, qui a publiquement revendiqué les dernières attaques contre Be’er Sheva et Ofakim (un enfant légèrement blessé), fait passer des messages aux dirigeants israéliens, par l’intermédiaire des Egyptiens ; à croire leur contenu, le Hamas n’y serait pour rien, elles seraient, ces attaques, le fait des Comités de résistance populaires et du Djihad islamique uniquement. Hanya jure par Mahomet que son organisation n’est pas impliquée, et qu’elle souhaite une cessation rapide des affrontements.

Le Quartet s’est fendu d’une déclaration condamnant l’agression meurtrière, mais appelle les protagonistes à la retenue.

Côté israélien, on possède les preuves que le Hamas ment, et que c’est lui qui a tiré les roquettes mortelles ; d’ailleurs, les autres groupuscules islamistes ne possèdent pas la capacité d’en lancer autant à la fois, en aussi grand nombre.

Le hic, sur la voie de l’apaisement qui pourrait tenter l’exécutif israélien, c’est que Gaza déborde de 10 000 Grad, mais aussi de missiles antiaériens, et antichars, dont le Hamas, avec l’aide des Iraniens, et même de Kadhafi, s’est doté à la faveur du Printemps égyptien, et de la chienlit absolue qu’il a engendré.

Or cet armement constitue une véritable bombe à retardement ; si elle ne saute pas aujourd’hui, ce sera pour dans quelques mois, et toute la population du sud d’Israël, si rien n’est fait, va continuer de vivre à la merci de fanatiques musulmans. Des illuminés sanguinaires rêvant de débarrasser la planète des infidèles, et persuadés par les imams qu’ils ont les moyens de réaliser ce dessein, et que le temps du grand sacrifice est venu.

Voilà ce que nous pouvons dire, à la moitié de cette nuit tendue, tandis que, des deux côtés de la frêle ligne de démarcation entre la Bande et l’Etat hébreu, on ne parviendra pas à trouver le sommeil.

Pendant ce temps, les projectiles continuent de pleuvoir sur Israël, et Israël ne réagit toujours pas. Et c’est cette inaction et ce silence trompeur qui sont le plus impressionnants, car on sait qu’ils ne dureront pas longtemps. Que les responsables des assassinats de nos concitoyens innocents ne vont pas tarder à payer le prix de leur crime.

Quant à notre petite équipe, elle va plier bagages, longer le nord de Gaza, pour aller emmagasiner quelques heures de sommeil à Sdérot. A moins que l’offensive de Tsahal ne nous en donne pas le loisir. On annonce l’arrivée imminente de Juffa et de Jean Tsadik en renfort, c’est signe que la situation est très sérieuse.

On commence aussi à croiser des convois de chars Merkava, sur des camions, venant prendre position face aux premières défenses des miliciens djihadistes.

source   (info # 022008/11) [Breaking News]  © Metula News Agency

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