La Gauche, un danger pour la survie d’Israël – Part 1 | Dora Marrache

par mazaltop

Pascal Boniface avait lancé « Est-il permis de critiquer Israël ? »

Aujourd’hui, j’ai envie de poser une autre question : Est-il permis dans le monde actuel de soutenir et de défendre Israël ? Je voudrais d’abord répondre à la première question, question de rhétorique car, à en juger par les critiques violentes et destructrices à l’encontre d’Israël, il est évident que les medias ne se privent nullement de blâmer Israël, pas même les medias israéliens. Les mensonges, les distorsions de la vérité, les calomnies sont devenus monnaie courante et sont le pain quotidien d’un nombre toujours croissant de journalistes.

Aujourd’hui, on accepte même placidement des discours invitant à la destruction totale d’Israël. Avec pour conséquence une montée de l’antisémitisme qui atteint aujourd’hui un degré inégalé jusque là. On en arrive même à conseiller aux Juifs « visibles » des Pays-Bas de quitter pour les USA ou pour Israël.

Y a-t-il un seul pays au monde qu’on vilipende sur la place publique comme on le fait avec Israël ? Y a-t-il un seul pays au monde qui puisse se vanter de jouir autant qu’Israël de la faveur des medias, et ce nonobstant sa taille qui fait de lui un des plus petits pays au monde ? Entend-on souvent parler du conflit au Soudan ? Presque jamais, et pourtant c’est un conflit qui a fait 2 millions de morts en vingt ans !

De toute évidence, il est permis non seulement de critiquer l’État d’Israël, mais aussi de le condamner systématiquement. Pas un de ses gestes, pas une de ses paroles, pas une de ses actions qui ne fasse l’objet d’une condamnation sans appel. On diabolise son armée et, aujourd’hui, cette violence à l’égard d’Israël a atteint son paroxysme et se traduit par une remise en question de son droit à l’existence. Il ne s’agit plus de critiquer telle ou telle action, mais de ne plus reconnaître ce pays en tant qu’État, donc de le délégitimer. Aujourd’hui, le monde a un nouveau Juif, un nouveau bouc émissaire, c’est l’État d’Israël.

Et face à ses détracteurs, Israël choisit, hélas, le mépris et se réfugie dans le silence au lieu de prendre l’offensive, ou tout au moins de contre-attaquer rapidement. Or, dans cette nouvelle guerre où les armes sont les mots et les images, l’indifférence est destructrice.

Si l’État d’Israël avait su réagir, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui, les nations ne débattraient pas de son droit à l’existence. S’attaquer à l’existence d’Israël, c’est s’attaquer au peuple juif tout entier car, n’en déplaise à la Gauche, Israël et le peuple juif sont indissociables.

L’objet de ma chronique n’est pas de faire le procès des medias, mais plutôt de ceux qui les alimentent, j’entends par là tous les détracteurs d’Israël. Et parmi ceux-là, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les plus virulents ne sont pas des non-juifs, mais bien des Juifs et, qui plus est, parfois des Israéliens qui vivent et travaillent sur la terre d’Israël. Et qui sont leurs amis ? Les ennemis d’Israël, les ennemis de leur pays ! Certains souhaiteraient même voir Israël remplacé par un État bi-national, quand ce n’est pas par une État palestinien

Devant une telle situation, il semble que le danger pour la survie d’Israël ne soit ni le Hamas, ni le Hezbollah, ni la Syrie, ni même l’Iran contre lequel Israël a la capacité de se défendre, mais bien la judéophobie juive – car c’est bien de judéophobie qu’il s’agit – qu’elle soit américaine, européenne ou israélienne.

Qui sont ces Juifs antisionistes ?

Bien sûr, quand on évoque les Juifs antisionistes israéliens, on pense immédiatement aux religieux qui se sont toujours dits opposés au sionisme, qui sont même hostiles à Israël, qui refusent de reconnaître son existence. Ce sont des ultra-orthodoxes qui vivent à Jérusalem, dans le quartier des Méa Shéarim, le quartier historique des religieux traditionalistes, les haredim de Jérusalem. Mais tous les religieux ne sont pas antisionistes, tant s’en faut. En fait, ils représentent une minorité qui porte le nom de Neturei Karta . Ils sont violemment antisionistes certes, mais leur hostilité est de nature théologique, elle n’a rien à voir avec le peuple palestinien. Elle se fonde sur la Torah : ils affirment que Dieu a détruit Israël et dispersé les Juifs dans le monde pour les punir et qu’il faut attendre la venue du Messie pour recréer le royaume d’Israël. Ils admettent qu’on puisse vivre en terre sainte – la preuve c’est qu’ils y vivent – mais à leurs yeux la création de l’État est une façon de se révolter contre une décision divine. Et certains parmi eux estiment même que le peuple juif doit continuer à vivre en diaspora jusqu’à l’arrivée du Messie. Ils sont dangereux parce les propos qu’ils tiennent sont véhiculés par les non-juifs qui s’en servent pour délégitimer Israël. Ainsi, un rabbin de leur communauté, le rabbin Weiss, déclarait sur la chaîne Al-Jazeera : « Notre principe, c’est que les Juifs sont contre le sionisme ».

Seulement voilà, ils ne sont plus le seul groupe juif à lutter contre le sionisme, un autre groupe est venu joindre sa voix à la leur. C’est l’intelligentsia de gauche, et particulièrement celle vivant en Israël qui a choisi, hélas, de hurler avec les loups et qui, ce faisant, représente un véritable danger pour l’État d’Israël.

Quand Israël a été fondé, le pays a été dirigé par un gouvernement de gauche. Et si dans les années 60 la Gauche voyait dans Israël un modèle, aujourd’hui elle s’affiche ouvertement antisioniste, elle voit dans l’État d’Israël un paria, l’incarnation du mal. Elle prétend n’avoir rien contre les Juifs. Si on tient compte de la définition du sionisme, à savoir un mouvement qui revendique la création d’un état pour les Juifs, il va de soi alors qu’être antisioniste, c’est être contre les Juifs et contre l’existence de l’État d’Israël.

Le malheur, c’est que ce sont des intellectuels, parfois même de renommée mondiale. Palestinophiles acharnés, ils exercent une influence prépondérante, en particulier sur la génération montante et sur les étudiants universitaires, parce qu’ils tiennent des colloques, qu’ils sont les invités d’émissions à forte cote d’écoute et qu’ils écrivent des articles. Alors on accorde foi à leurs paroles ou à leurs écrits, et on croit bien faire de s’aligner sur leurs jugements.

Qui sont-ils ? Ce sont des gens qui se réclament souvent de Marx qui, en 1844, dans son « Essai sur la question juive », essai violemment antisémite, déclarait : « L’argent est le dieu jaloux d’Israël, à côté duquel aucun autre dieu ne peut exister »

Les critiques les plus virulentes à l’égard d’Israël, côté américain, celles qui témoignent d’une haine violente portent la signature de Noam Chomsky et de George Soros. Le premier est un linguiste américain dont la contribution à la linguistique est capitale et qui a choisi de s’allier au Hezbollah ; le second, un financier juif américain, exemple par excellence du « self hating jew ». Au lieu d’aider son pays, il finance, à coups de millions de dollars, des groupes de gauche avec lesquels il a formé un mouvement anti-Israël dont il est fier et il plaide pour que l’Amérique raye le Hamas des organisations terroristes. Le Jerusalem Post écrit « Soros et ses riches amis juifs américains ont désormais décidé de diriger leur tir directement sur Israël… pour former un lobby politique qui affaiblira l’influence de l’AIPAC, le lobby pro-Israël ».

Dans le ‘The Wall Street Journal’, on apprend sous la plume de l’écrivain Joshua Muravchik que Soros a publiquement comparé Israël aux nazis.

Et récemment on a appris qu’il aurait financé le mouvement JStreet.

Il est dangereux parce qu’il s’est fait de nombreux alliés dont certains sont des journalistes, comme Nicolas Kristof du New-York Times, qui n’hésitent pas à soutenir les « militants » palestiniens

Il ne faudrait surtout pas oublier Richard Goldstone, juge juif sud-africain. Il a dirigé la Commission de l’ONU et a produit le rapport qui porte son nom, rapport qui discrédite et condamne Israël, l’accuse de crimes de guerre, mais qui blanchit le Hamas. Dans son rapport, le juge ne s’est basé que sur la narration des événements présentés par le Hamas et n’a même pas permis à Israël de se défendre.

On pourrait également citer le nom de Hannah Arendt, philosophe juive allemande, prônant la création d’un État fédéral mixte judéo-arabe.

Et les noms de Marc Ellis, Martin Jay, Michael Neuman, Jacqueline Rice, Tony Judt et Norman Finkelstein, ami de Chomsky, et lecteur assidu de Marx, Lénine et Trotsky.

Côté israélien, ils s’appellent Charles Enderlin, Schlomo Sand. Israël Shahak, Tanya Reinhart, Rahela Mizrahi, Miko Peled, pour n’en citer que quelques uns.

Faut-il rappeler que c’est à Charles Enderlin, journaliste franco-israélien, que l’État d’Israël doit une des accusations les plus graves qui aient été portées contre lui ? Les images de la « mort » de l’enfant ont eu des répercussions planétaires et ont servi à justifier des crimes – entre autres, la mort du journaliste Daniel Pearl- et des attentats qui ont fait plus de mille morts. Son manque d’éthique a eu des conséquences si graves qu’il sera difficile de lui pardonner un jour cette faute.

Schlomo Sand, historien israélien, professeur d’université et auteur d’un livre intitulé « Comment le peuple juif fut inventé », livre qui a connu un succès retentissant aussi bien en Israël que partout à travers le monde, affirme que le peuple juif n’a jamais existé, que nous sommes tous des descendants d’anciens convertis et que, puisque nous ne sommes pas génétiquement purs, le sionisme n’a pas sa raison d’être.

De son côté, Israël Shahak, historien et professeur de chimie à l’Université hébraïque de Jérusalem critique avec une virulence rare le gouvernement de son pays. Il est d’ailleurs l’auteur d’un livre “Le Racisme de l’État d’Israël” dont le titre a lui seul en dit long sur la vision que l’auteur a de son pays.
Dans un autre de ses livres “Histoire juive – Religion juive », publié en 1994,on peut lire “ À mon avis, Israël en tant qu’État juif, constitue un danger non seulement pour lui-même et pour ses habitants, mais aussi pour tous les Juifs et pour tous les autres peuples et États du Moyen-Orient et d’ailleurs. Je considère comme tout aussi dangereux d’autres États ou entités politiques de la région qui, pour leur part, se définissent comme « arabes » ou « islamiques ». Je suis bien loin d’être le seul à évoquer ces risques. En revanche, personne ne parle du danger inhérent au caractère juif de l’État d’Israël ».

Si un media avait tenu de pareils propos, nous l’aurions vilipendé, nous aurions déposé une plainte pour antisémitisme, mais le journal Haaretz voit en Shahak « un homme de principes, s’obstinant à assener des vérités que la plupart de nos compatriotes ne veulent pas s’entendre dire (…) Écartant tous les voiles, il décrit la société juive traditionnelle comme fanatique et ultraconservatrice ».

Tanya Reinhart, linguiste israélienne antisioniste, a soutenu le boycott des institutions universitaires « Nous cesserons de redouter le boycott quand nous respecterons le droit international », disait-elle à la « Gauche » israélienne qu’elle jugeait faible et pusillanime.

Quant à Rahela Mizrahi, une chercheuse israélienne, spécialiste de la Culture, elle ose appeler non seulement au boycott d’Israël, mais aussi à son exclusion en tant que membre de l’UNESCO.

Et Miko Peled, fils du général Peled, déclarait: « « Etant moi même juif et israélien, ayant un père qui fut général dans l’armée israélienne et y ayant moi même servi, je dis ceci : nier ou justifier les actions israéliennes équivaut à nier ou défendre tous les crimes contre l’humanité. »

On n’en finirait pas si l’on voulait passer en revue tous ces intellectuels, tous ces « bien-pensants » qui veulent se faire une notoriété sur le dos de l’État d’Israël.

Pourquoi ne pas ajouter, côté marocain, Abraham Serfaty rendu célèbre grâce à la haine farouche qu’il vouait à Israël ? Il s’affichait ouvertement, pour ne pas dire fièrement, comme un juif marocain antisioniste et il va de soi que, ce faisant, il était très apprécié dans le milieu musulman.

2ème partie de l’article

source : http://www.radiochalomnitsan.com/blog/la-gauche-un-danger-pour-la-survie-d%E2%80%99israel/

source : http://radio-shalom.ca/mp3/doramarrache/Dora%20Marrache%20-%20Gauche%20danger%20Israel%201.mp3

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