Judaïsme, les fondamentaux

par mazaltop

C’est bien connu, la peur vient de ce que l’on ne connaît pas. Et l’une des raisons de l’antisémitisme est la méconnaissance du Judaïsme ou l’imaginaire commun, travaillé par des millénaires de désinformation et d’imaginaires maniés.

Certains redécouvriront ici des fondamentaux, d’autres des réponses à leurs questions. Si vous avez des questions supplémentaires, je ne suis pas rabbin mais ai accès à l’information, et peux tenter de vous apporter un éclaircissement. Sinon je saurai vous réorienter vers l’info.

Généralités

Le judaïsme adhère aux principes moraux et spirituels qui forme la base de sa foi. L’existence d’un D.ieu unique, l’espérance messianique, la survie de l’âme et la résurrection des morts.

Il traduit à la fois la fidélité à une religion (Le caractère intangible de la Bible hébraïque), à une culture (indissociabilité des lois morales et spirituelles :

La tradition juive exige que l’homme ait constamment la tête couverte en signe de soumission à D.ieu ; le port de la kippa est devenu un symbole de reconnaissance à l’adhésion au Judaïsme) […] (nécessité de concrétiser les pensées par des actes).

Tradition écrite

trois parties :

  • la Torah, (Pentateuque (les cinq livres de Moïse)
  • Prophètes, (Neviim)
  • Hagiographes (Ketouvim)

Tradition orale

La religion juive est la seule à s’être enrichie d’une tradition orale transmise et enseignée de génération en génération. La Torah orale, commentaire des Lois, a donné naissance à la Michnah, transcription méthodique et synthétique des préceptes de la loi juive. Les innombrables commentaires rabbiniques portant sur la Michnah, effectués sur plusieurs générations, constitués eux-même en ce que l’on nomme « Guemara« .

Observance de commandements (mitsvot)

Le juif doit se soumettre intégralement aux commandements bibliques (mitsvots, au nombre de 613), sauf les commandements devenus impossibles en raison de la destruction de nos deux Temples à Jérusalem. Ils sont considérés comme des ordres divins. Cette conception de la foi, provient de la révélation de D.ieu à Moïse au Mont Sinaï.

Le judaïsme exige du croyant un comportement moral le plus parfait possible. Les lois morales exprimées dans la bible, sont aussi précises et rigoureuses que les lois rituelles qui déterminent l’attitude de l’homme face à D.ieu.

Une des affirmations du judaïsme est: « On ne peut aimer D.ieu que si on aime l’homme et on ne peut aimer l’homme sans aimer D.ieu ». (Tu aimeras ton prochain comme toi-même).

La foi seule ne garantit pas la piété d’un individu, il faut encore qu’elle se traduise par des actions (mitsvot). Bien entendu tous les juifs ont un degré de pratique de ces actions différent suivant leur libre arbitre. Certains se contentent de célébrer certaines fêtes, et d’autres respectent la totalité des commandements.

Messie (Machiach) b »H

Contrairement à certaines religions qui se réfèrent à un âge d’or situé dans le passé, le judaïsme tend vers un avenir marqué par la venue du Messie (Machiach), porteur de paix et d’abondance pour l’humanité toute entière. L’ère messianique (b »H) verra le retour du peuple juif en Israël, l’acceptation de la souveraineté de D.ieu par tous les hommes, la réconciliation entre les nations et Israël. Précédée de nombreuses et terribles catastrophes, (D. préserve), elle sera suivie de la Résurrection des Morts. la Repentance (« Techouvah » en Hébreu).

Le calendrier

Roch Hachana

Le calendrier s’ouvre sur « Roch Hachana », le nouvel an juif, célébré courant septembre. Jour anniversaire de la création du monde par D.ieu, c’est aussi celui où D.ieu ouvre le Livre de la Vie et de la Mort et y inscrit les actes accomplis en cours d’année par tout individu.

Kipour

Ce n’est que dix jours après Roch Hachana, c’est-à-dire à la fin de « Yom Kippour » qui est le Jour des Expiations, que D.ieu referme le Livre de la Vie et de la Mort, scellant ainsi le destin de chacun pour l’année à venir.

Cette période de dix jours comprise entre Roch Hachana, le nouvel an, et Yom Kippour, le Grand Pardon, est appelée « Yamim Noraïm » ou « Jours Redoutables ». Après 10 jours de pénitence et de bonnes actions, le juif vit la journée la plus exaltante de l’année : Yom Kippour, également désigné comme « Chabbath Chabbathone » (Shabbat des Shabbats), consacré à la prière et à la méditation dans un jeûne très strict de 25 heures. Il est prêt à pardonner le mal qu’on a pu lui faire et il sollicite le pardon de D.ieu et des hommes à qui il a pu causer du tort. L’année juive gravite toute entière autour de cet événement central.

Il est de coutume également de porter un linceul, suaire blanc identique à celui dont on se sert pour la dernière toilette d’un défunt : le « Sarguness ».
« Frères, prenez bien garde que cet habit dont nous sommes maintenant affublés sera celui que nous porterons pour passer dans l’autre monde et rendre compte au Roi des Rois. Imaginons donc, ainsi vêtus, que nous soyons présentement devant le trône céleste. Notre repentance ne serait-elle pas totale ? Mais la repentance ne nous est d’aucun secours après la mort. C’est maintenant qu’elle nous vient en aide. Aussi soyons vraiment décidés à ne plus pécher ».
Le repentir (Techouva) occupe donc une place primordiale dans la philosophie juive ainsi qu’en témoigne les paroles prononcées par de célèbres rabbins.
Rabbi Joshoua disait : « Si nous connaissions le nombre exact de nos jours, nous nous repentirions avant de mourir ».
Rabbi Eleazar disait : « Repentez-vous un jour avant votre mort ». Et, à l’interrogation de ses disciples : « Qui peut savoir quand il mourra ? » Rabbi Eleazar répondait « C’est bien pourquoi tout homme devrait se repentir aujourd’hui car il peut mourir demain. D’où il résulte qu’il passera toute sa vie à se repentir ».

Chabat

Le Chabat : commence le vendredi soir, environ une heure avant la tombée de la nuit et se termine le samedi soir. Le repos Chabatique est lié à la fois à la croyance en un D.ieu unique et à l’attachement à la notion de liberté. Le respect du Chabat constitue la première pratique du judaïsme. Le non respect du Chabat porte atteinte aux fondements de la loi juive. C’est un jour sacré.

D’autres fêtes commémorent des
faits historiques:

Pourim

C’est l’histoire de la Reine Esther qui en Perse, au milieu du Ve siècle avant l’ère chrétienne, intercéda auprès du Roi Assuérus pour faire révoquer l’édit d’extermination lancé par le ministre Haman contre le peuple juif. Chaque année, un mois avant Pâques, une journée de jeûne et autres festivités marque ces événements.

Hanouca :

Durant huit jours (début 25 kislev), aux environs de décembre, on allume des bougies en souvenir de la délivrance de Jérusalem par les Hasmonéens de la domination grecque en l’an 167 avant l’ère chrétienne.

Les Jeûnes :9 av et 17 tamouz

Tous liés au souvenir de la destruction des deux Temples de Jérusalem.

 

Les fêtes de pèlerinage :

A l’époque ou le temple de Jérusalem constituait le centre de la vie religieuse, les juifs se rendaient en pèlerinage à Jérusalem à trois reprises dans l’année.

 

Pessah ou Pâque juive :(14 nissan)

survient en général dans le courant du mois d’avril, elle rappelle la sortie d’Egypte des Hébreux de l’esclavage d’Egypte vers le milieu du 2e millénaire avant l’ère chrétienne. […]

Chavouot

Fête des semaines de Pentecôte : Cette 2e fête de pèlerinage se situe exactement 50 jours après le début de Pessah à laquelle elle est directement rattachée par sa signification historique. Après l’acquisition du droit à l’existence et à la liberté par la libération d’Egypte, Israël doit se doter d’une « Constitution ».
C’est la fameuse Révélation du Sinaï. Israël reçoit la Tora qui va devenir le fondement de sa vie religieuse, morale, sociale et spirituelle. La Tora est constituée par les dix commandements qui sont à l’origine de la morale universelle. Cette fête dure 2 jours, célébrés par des offices publics dans les synagogues et des rites domestiques.

Soucot ou la Fête des Cabanes :

Durant les 40 années du séjour dans le désert du peuple d’Israël, il habita dans des tentes et bénéficia de la protection divine et de ses miracles. Chaque année, à l’automne (15 Tichri, soit 10 jours après kipour), les juifs construisent des cabanes avec un toit de feuillage qui laisse entrevoir le ciel et en font leur résidence principale durant 8 jours, en revivant ainsi l’époque du désert.

Durant ces 8 jours, multiples rites sont pratiqués pour marquer la conclusion annuelle de la lecture de la Tora.

Les prières :

Le judaïsme connaît trois prières quotidiennes pour les jours ouvrables.

  • Celle du matin: se récite pendant les 3 premières heures de la journée suivant l’aube, revêtu du châle a franges (talit) et des phylactères (téfilin). Elle dure environ 30 minutes.
  • Celle de l’après-midi: est récitée en début d’après-midi
  • Celle du soir: est récitée après la tombée de la nuit et dure environ 15 minutes.

L’accompagnement des malades et des morts

La tradition juive compte, parmi les  » mitsvot  » (commandements) ou devoirs primordiaux à remplir, les soins, visites, prières à prodiguer aux malades ainsi que l’accompagnement des morts à leur dernière demeure.

Il existe, au sein de chaque communauté juive, une société dont les membres rendent visite aux malades, les confortent dans leurs derniers moments puis se chargent d’exécuter les mitsvot liées au deuil : offices, consolations prodiguées aux parents du défunt…

Ces services sont rendus, sans distinction, aux riches comme aux pauvres d’une même communauté. Il n’est procédé à aucun préparatif particulier en prévision de la mort prochaine. La mort appréhendée avec sérénité tant par l’agonisant que par ceux qui l’entourent. Il convient cependant de rappeler deux interdictions du Judaïsme découlant du commandement  » tu ne tueras point », à savoir le suicide et l’euthanasie.

Des prières et des psaumes sont récités lors des derniers moments et, en particulier, le  » Chema  » profession de foi du juif, également dite à la fin du Kippour. C’est sur le dernier mot du  » Chema  » :  » E’had  » ( » Un « ) que l’âme du défunt se sépare du corps. Le décès est annoncé par ces mots :  » Béni soit le Juge de Vérité « . Anciennement, la coutume voulait que le corps soit posé à terre, sur une planche ou sur de la paille et recouvert d’un drap.

L’usage et la tradition juive ont conservé certains rites tels que celui de la lumière placée près de la tête du défunt, lumière symbolisant l’âme immortelle. Le disparu sera veillé sans interruption jusqu’à son ensevelissement.

Mais avant d’en arriver là, profitons de chaque instant de nos vies afin de recevoir le plaisir de ses dons, pour le meilleur.

Cet article est généraliste, et loin d’être complet. Je me propose donc de le compléter prochainement, notamment au niveau des valeurs morales essentielles comme le « hessed » (la bonté pure), la tsedaka (charité), la foi (emouna), la techouva (repentir, et comment réparer), et autres sujets qui me reviendront ou que vous me rappellerez.

Dédié à la mémoire de Georges Khamus GAMRASNI (zal), et Meriem Bent Nissim Taktouk (zal)

Publicités
Étiquettes : ,

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :