se préparer au couple

par mazaltop
Docteur Miriam Adahan

Certes beaucoup de facteurs externes à chacun de nous, au couple, sont à accuser : la multiplicité des moyens de communication, l’ouverture du couple à l’extérieur, l’évolution des moeurs outrancière et qui souvent nous dépasse…

Le cloisonnement n’est pas la solution, et a des limites plus ou moins larges suivant les mentalités. Un début de solution : travailler sur soi déjà, et ça vaut aussi aux candidats au couple, avant de travailler plus tard à deux pour le « chalom baït ».

Lorsque les adolescents rêvent leur futur mariage, ils sont persuadés que leur vie sera le théâtre d’un amour permanent et d’une indéfectible appréciation mutuelle. Ils ne s’attendent pas à avoir des conflits ou à ressentir le doute, la jalousie, la frustration, la colère et la déception. Cependant, la réalité est que ces sentiments surgiront inévitablement. Il est donc sage de vous préparer à l’avance à ces moments en étant attentif à votre façon actuelle de gérer les conflits et la perte. Lorsque l’on se marie, on ne se transforme pas instantanément en une personne patiente, joviale, mature et responsable. Il vous faut travailler à cultiver de saines habitudes dès maintenant. Les exercices qui suivent vous aideront à acquérir cette maturité :

Evitez le perfectionnisme

Le perfectionnisme conduit à d’inutiles sentiments de culpabilité et de honte qui, tous deux, détruisent les relations. La vérité est que nous avons tous nos limites. Cela fait partie de la condition humaine. L’amour, c’est s’accepter et se chérir mutuellement malgré les déceptions. Vous ne pouvez pas avoir une relation saine et honnête avec votre conjoint si vous tentez en permanence de prouver que vous êtes surhumain. Vous serez trop épuisé pour être gentil si vous vous tentez de vous surpasser chaque jour ! Parfois il faut savoir dire « Désolé, je ne peux pas faire ça. » Il se peut que vous ne puissiez pas cuisiner le genre de repas spéciaux qu’il souhaite, ou que vous n’arriviez pas à être aussi enthousiaste ou organisée qu’il le voudrait. Il vous décevra de différentes façons lui aussi. Entraînez-vous à accepter vos propres limites et celles d’autres personnes telles que des camarades ou des membres de votre famille et à ne pas vous en vouloir, ni leur en vouloir, de ne pas être parfait.

Dissociez votre réaction initiale
de votre réaction secondaire

Nous possédons tous un cerveau primitif animal, situé à l’arrière de notre tête, qui est une source de réactions violentes, immorales et irrationnelles aux événements. Le genre de réactions qui caractérisent les enfants d’un ou deux ans lorsqu’ils sont frustrés, en colère ou fatigués. Mais, heureusement, nous avons aussi un néocortex, situé à notre front, dont le rôle est de contrôler ces pulsions. Par exemple, il se peut que vous éprouviez le besoin d’attaquer lorsque votre conjoint a blessé vos sentiments ou s’est montré absent lorsque vous étiez en détresse. Remarquez les fois où vous ne suivez pas ces réactions initiales. Soyez fier/fière de ces victoires. Le contrôle de soi-même est la base de l’estime de soi. Vous aurez d’innombrables occasions de mettre cela en pratique ! Une des plus grandes choses dans le contrôle de soi est de savoir demeurer silencieux quand on ne trouve pas de manière respectueuse d’exposer ses sentiments.

Agissez positivement même si
vous  ne ressentez pas la chose

Le meilleur antidote à la déprime, l’anxiété et la rage est l’action positive. Les femmes ont plus tendance à avoir des sautes d’humeur que les hommes. Apprenez à les ignorer autant que possible, elles finissent toutes par passer. Ne partagez pas votre malaise à outrance, car cela peut vous faire tomber tous les deux. A la place, marcher, s’occuper de la maison ou même sourire peut vous mettre de bonne humeur. Vous n’avez pas besoin de vous sentir bien pour agir bien ! Personne n’aime ni un patron tyrannique, ni une personne collante et déprimée qui est trop focalisée sur son humeur pour pouvoir fonctionner.

Arrêtez d’essayer de contrôler les autres

Vous commencez votre mariage avec de l’amour, mais vous allez tuer ce sentiment si vous essayez de vous changer l’un l’autre ! Vous ne vous en rendez certainement pas compte, mais quand vous donnez un conseil, le message sous-jacent est « Tu es stupide et inepte. Je ne te respecte pas. » Alors arrêtez de donner des conseils sur ce qu’il faut porter, ce qu’il faut dire, comment faire la vaisselle ou comment penser et ressentir, car cela détruit la confiance en soi ! À moins que votre conjoint ne soit en train de faire quelque chose de dangereux pour votre santé physique ou mentale, résistez à l’envie de critiquer. Dès que vous en avez l’occasion, dites-lui « Tu prends de bonnes décisions. J’ai confiance en ton jugement. » Entraînez-vous à cela dès maintenant : complimentez les gens autour de vous en leur disant qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, même si cela ne correspond pas à votre degré d’exigence. Et si certaines personnes vous donnent trop de conseils, dites-leur « Je construis ma confiance en moi en prenant mes propres décisions. » Vous ne vous êtes pas marié pour être « rectifié ». Vous vous êtes marié pour partager un amour inconditionnel ; pour vous sentir accepté et respecté tel que vous êtes. (Cette phrase est au masculin. Elle est bien sûr tout aussi valable au féminin. Note du traducteur) La critique détruit l’amour.

Abandonnez le rêve que votre conjoint
vous comprenne à 100 %

Personne ne comprend quelqu’un d’autre à 100 %. Vous ne vous comprenez vous-même pas totalement ! Les hommes et les femmes ont aussi des besoins différents, des valeurs différentes et des intérêts différents. Les hommes aiment résoudre les problèmes ; ils ne veulent généralement pas s’étendre sur leurs sentiments, car cela les fait se sentir faibles et démunis. C’est pour cela que les hommes « communiquent » en parlant de faits ou bien de leurs succès. Les femmes, en revanche, communiquent en parlant de leurs problèmes, de leurs frustrations ou de leurs déceptions. Plus que des conseils, elles attendent généralement une réponse douce et compréhensive telle que « Je comprends ». Peu d’hommes aiment parler de leurs sentiments – en tout cas, pas longtemps. À moins qu’il ne vous donne lui-même cette information, ne demandez pas à votre mari ce qu’il ressent. Il pourrait considérer votre question comme une tentative de le contrôler, de le juger ou de le rabaisser. Aidez votre mari à comprendre ce que vous attendez de lui en disant clairement, « J’ai besoin de compréhension, ce qui signifie que tu as simplement à dire “Ah… Je suis désolé que tu souffres.” » Ou bien, dites « J’ai besoin d’un conseil. » Les hommes adorent tenir le rôle de sauveteur.

Parlez de vos succès

Les hommes et les femmes ont besoin de proximité autant que d’indépendance. Ces deux besoins sont contradictoires : vous avez besoin de proximité, ce qui exige de vous d’être vulnérable et de partager vos sentiments les plus profonds, et d’un autre côté vous avez besoin d’indépendance pour pouvoir développer votre propre personnalité et vos capacités. Les hommes comme les femmes ont deux hantises : 1) que leur mariage soit du genre tyrannique et dictatorial et détruise leur estime de soi, ou 2) qu’il soit du genre lourd et déprimant et qu’il demande tellement que l’épanouissement personnel de chacun des conjoints s’en retrouve asphyxié. La meilleure façon d’éviter d’être trop nécessiteux ou trop dictatorial est de vous construire à vos propres yeux et aux yeux de votre conjoint. Parlez de vos réussites. Après tout, si vous passez votre temps à vous déprécier, vous suggérez que votre conjoint a mal fait de décider de vous épouser. Racontez lui vos difficiles efforts de discipline personnelle – comment vous êtes allé travailler malgré votre fatigue, comment vous vous êtes retenu de manger des choses trop grasses ou comment vous avez su répondre un « Non » franc et net aux demandes d’une personne difficile.

N’ayez pas d’arrière-pensées

Dans le Talmud (Pessa’him 54), il nous est enseigné que « Personne ne connaît les pensées de quelqu’un d’autre ». Lorsque quelqu’un est de mauvaise humeur ou bien vous déçoit, il peut vous arriver d’être sûr(e) qu’il ou elle essaie de vous blesser intentionnellement. À moins que cette personne soit abusive de nature ou mentalement malade, dites-vous qu’elle fait de son mieux et qu’elle n’a tout simplement pas la maturité émotionnelle ou les capacités de faire mieux. Ce qui distingue la culpabilité saine de la culpabilité malsaine est l’intention. Il nous arrive inévitablement à tous de blesser des gens, parce qu’il nous est impossible de répondre à tous leurs besoins ou de toujours savoir comment les satisfaire. Et nous avons tous des habitudes agaçantes pour les autres. Si vous faites malencontreusement de la peine à votre conjoint, excusez-vous simplement en disant « Je suis désolé(e). Je n’avais pas l’intention de te faire de la peine. » Entraînez-vous dès maintenant en pardonnant ceux qui n’avaient pas l’intention de vous blesser. Si nécessaire, clarifiez ce qui s’est passé.

En pratiquant ces actes de maturités dès maintenant, vous serez mieux préparés à vivre dans l’amour et le pardon dans l’avenir.

Docteur Myriam Adahan

Psychologue et psychothérapeute ainsi qu’auteur prolifique, Miriam Adahan a fondé EMETT («Emotional Maturity Established Through Torah»), un réseau de groupes de travail consacré au développement personnel.

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