Roch Hachana ou effaçage d’ardoise

par mazaltop

eff

Comment on se la souhaite ?

Comme chaque année, on nous souhaitera :

  • Bonne et heureuse année, en français donc
  • Chana tova, en hébreu « bonne année »
  • Chana tova ou metouka, même chose, mais en plus on vous la souhaite douce, ça tombe bien vu que la coutume est de …
  • commencer l’année en mangeant bénéfique, c’est-à-dire des mets dont la symbolique est en rapport avec ce que l’on attend de l’année nouvelle
  • lechana tova tikatevou (puissiez vous être inscrit dans le livre de la vie pour une heureuse année)

La tradition

effLa pomme au miel pour une année douce trônera ce soir sur les tables juives, nous formulerons le souhait que l’année à venir soit bonne et douce. Mais aussi s’inviteront  table sous forme d' »apéritif respectant un ordre rituel » (seder) plusieurs mets symboliques, supports de bénédictions, sensés nous apporter leur flot de bienfaits pour cette année nouvelle (et qui nous les apporteront très certainement, à n’en pas douter).

effLa tradition raconte qu’à Roch Hachana le son du chofar (corne de bélier sacrée que l’on sonne d’une manière traditionnelle) parvient jusqu’à D.ieu et Lui rappelle d’ouvrir le livre de la vie dans lequel le nom de chacun est inscrit. Là, il décide alors si le nom sera réinscrit pour l’année qui commence. Nous avons ensuite 10 jours, entre Roch Hachana et Kipour afin de plaider notre cause en faisant « Techouva », c’est-à-dire un retour sur soi, une introspection car le jugement ne sera scellé et contresigné que le jour de kipour.

C’est pourquoi le jour de Roch Hachana est aussi appelé « jour du jugement« . Qu’elle soit transmise par nos parents, ou qu’on l’ait apprise en cours, elle est enseignée, diffusée, buzzée dirait-on aujourd’hui.

Quand j’étais petite, on m’a raconté que D.ieu est ce jour assis sur son trône, et reçoit l’intégralité de toutes nos âmes qui viennent à un reporting non pas hebdo mais annuel, et font état de leurs bonnes actions, des moins bonnes, des pensées aussi (qui sont un commencement d’acte. et oui…), des dommages occasionnés aux autres. Reporting transmis, D.ieu nous donne dix jours pour sincèrement regretter nos dommages causés, mais aussi le fait d’avoir pu oser les commettre, et surtout pour REPARER ce qui a été dévasté.

Je laisserai là la symbolique, la tradition observée, connue de tous… d’autres en parlent mieux que moi. Ceux qui me connaissent personnellement savent que je hais l’obscurantisme, bien que respectant la tradition selon mes convictions perso et respecte surtout le point de vue de l’autre.

Best off des petites-mauvaises-actions à effacer

effMon intervention sur Roch Hachana est un non-sens-commun, en deçà du folklore et des traditions, certes importantes, car support au festif pour la transmission.

Pour rester dans le festif, citons le courant des actes de nos piètres vies, voici certains best-off commis par mon entourage ou moi-même, tour à tour bourreaux ou victimes :

  • mauvaise parole déformée rapportée sur son collègue de travail ou son voisin,
  • vanne faite à sa femme sur son nouveau kilo en trop,
  • fuite devant une jeune fille avec qui on a passé la nuit et échangé de tendres moments qu’on souhaite prolonger… avec une autre,
  • oubli de rendre la pièce en trop sur un rendu de monnaie trop généreux de la part de la vendeuse,
  • mauvaise pensée qu’on a eue en voyant un pauvre ère dans la rue tendre la main et ne rien lui donner pensant qu’il va l’utiliser dare dare pour se saouler et non pas pour manger…
  • souhaiter Chabat Chalom ou Hag Sameakh à son voisin sans se demander si lui il est entouré pour les fêtes et s’il aura ne serait-ce qu’à manger ce soir-là, ou si son programme c’est boîte de sardine ou café au lait devant la télé,
  • hyper concentration sur soi-même, donc, limite égocentrisme ou égoïsme : seul existe notre intérêt, l’autre est carrément nié, puisqu’on ne pense même pas au mal qu’on peut faire à l’être qui est, lui, tourné vers nous,
  • non écoute de son prochain, ou mauvaise écoute,
  • vivre le parfait amour avec machin ou machine, en étant sincère marié ou pas d’ailleurs, mais pourtant, fol layer de la pensée sur telle ou telle communauté virtuelle. Et là, on ne parlera que de la pensée, pas de l’acte  😉
  • challenge de consommations de « rencontres », que l’on fait au départ pour un but bien louable, de rencontrer son Mazal, (âme soeur), mais qui se transforme plus ou moins rapidement inconsciemment en plaisir de la chasse, reléguant ainsi le but initial en vague idée romantique d’un but,
  • coup de pouce au Mazal qu’on aurait pu faire en présentant machin à machine
  • coup de chance qu’on aurait pu donner à la parnassa d’un ami, en lui donnant un tuyau sur machin qui recrute ou pourrait être intéressé par son type de profil,

nous avons tous nos énumérations de non-glorieuses…

Le coeur et le cerveau de l’homme sont ainsi faits que les premières pulsions qui nous attirent ne sont jamais les bonnes. Il faut le savoir, et travailler ainsi sur nos pulsions.

où voulais-je en venir ?

effLe Judaïsme est basé sur le libre arbitre. La grandeur de notre religion est que l’homme, seul face à lui-même fait face à D.ieu, et fait son reporting permanent, avec synchronisation immédiate. Pas d’émissaire humain pour donner avis, sanction ou réparation. Les comptes se font en direct, consolidation immédiate, et l’outil d’aide à la décision : c’est Roch Hachana. Mieux que ça. C’est la profondeur, la sincérité du repentir, mais surtout les actes mis en place pour remédier à ces mauvaises actions, et les actions mises en place pour éviter la réitération de ces mauvaises actions et situations.

que doit-on retenir cette année de roch hachana ?

non plus l’effaçage d’ardoise magistral que notre petit intellect a compris. Mais le fait que chaque acte que nous commettons, même anodin, peut avoir une incidence dévastatrice ou merveilleuse. Chaque pensée mauvaise aussi. Chaque omission parfois également.

la conscience

  • Prendre conscience de nous-même déjà. Point de connaissance de l’autre sans connaissance de soi-même. La vraie. Face au miroir, qui suis-je, ou vais-je ? dans quelle étagère ? non, dans quel état j’erre ?  qu’ai-je fait ? qu’est-ce que je peux apporter à l’autre ?
  • Prendre conscience de l’autre. Dans quel monde, quel pays, quelle ville, dans quelle sphère relationnelle suis-je ?

donner avant de vouloir prendre

  • l’un des plus grands maux de notre époque est le consumérisme. On veut tout, tout de suite, de tout le monde, maintenant. Plus nous sommes dans ce mode de vie, plus nous exigeons. Le problème est que ça vaut non seulement pour le matériel, mais aussi pour le spirituel, et l’humain.
  • Mais avant de vouloir prendre, n’est-il pas important d’abord de réfléchir à ce qu’on peut donner à l’autre, que cet autre soit un humain, une humaine, ou la société dans laquelle on travaille, le pays qui nous accueille ?

leffa conscience suprême

Certes fan de Paulo Coelho, l’esprit du judaïsme enseigne que la conscience collective, appelée « Chekhina », d’autres l’appellent aussi « inconscient collectif », d’autres la considèrent « somme de toutes les âmes »… peu importe comment on l’appelle.

Ce qui est important à retenir, est que nous sommes tous interdépendants les uns des autres. Une bonté faite ici pour une personne, ou une vacherie faite là, même si elles peuvent paraître tellement anodines, peuvent avoir des incidences démesurées sur l’autre ou sur un groupe, et surtout sur soi d’ailleurs.

Pour cette prochaine année, gardons en tête la nécessité de garder une conscience suprême, un recul donc, par rapport à ce que nous faisons, disons et pensons. Les fêtes de fin d’année ne sont pas une ardoise à effacer, où disparaitront nos mauvaises actions. Beaucoup d’ailleurs selon la tradition sont et restent irréparables. La cuenta ne nous est donnée qu’au jour du jugement dernier, au moment ultime de l’ad.ieu définitif. Les fêtes ne sont pas là pour donner le solde d’une gabegie effrénée d’une année entière, juste pour donner un temps d’arrêt sur soi, les autres, et le monde, et penser à réparer. Et oui. REPARER. Car contrairement à ce que dit le dicton « faute avouée est à moitié pardonnée », toutes nos fautes nous sont comptées. L’important n’est pas le fait d’avouer, mais le fait de REPARER la faute commise, et surtout, prendre toutes mesures et procédures, d’une manière profondément sincère pour NE PLUS RECOMMENCER. Pourquoi ? parce-que commettre une faute par méconnaissance, oubli ou abandon de soi, peut être excusable. Mais le fait de recommencer, alors qu’on avait connaissance de l’importance de la faute, n’est que signer la volonté de persister et encenser le vice. Et ça, tous les Roch Hachana de l’univers, de la Création du monde jusqu’à sa destruction ne suffiront jamais

Comment réparer ses fautes ?

En évitant d’en commettre, déjà, pour ne pas alourdir the bill. Et si commises, on évite de les recommencer, en misant sur le pardon de l’année prochaine. Surtout que nos faiblesses, on les connaît. Surtout, prendre conscience de la faute commise, s’en repentir sincèrement, demander pardon à celui ou celle à qui on a causé du tort si tel est le cas, REPARER. Et surtout, se repentir du mal commis. Pour les fans des choses ésotériques kabbalistiques, il existe des pratiques expiatoires (certes obscurantistes) : le tikoun nefesh, ou le tikoun haclali ; qui sont des réparations de l’âme, par des rituels spéciaux.

Et oui. Il faut savoir que chaque action commise entraîne une marque sur l’âme. Rien n’est anodin.

Conclusion :

LA CONSCIENCE et la REPARATION. Là est à mon sens le secret de la Techouva (repentir sincère).

CHANA TOVA

A nous tous, croyants, pratiquants, ou pas, juifs ou pas, je présente tous mes voeux pour cette nouvelle année.

Que cette nouvelle année voie l’évènement d’une vie meilleure pour nous, où sont comblés tous nos besoins et désirs, qu’ils soient pour une réalisation immédiate ou plus lointaine, qu’ils soient consuméristes ou spirituels.

Je nous souhaite :

  • bien sûr la santé sans laquelle rien n’est possible,
  • un travail à la hauteur de nos aspirations, nos goûts, et nos besoins en argent 😉
  • une bonne parnassa, c’est-à-dire un bon niveau de réalisation financière pour réaliser nos besoins et voeux,
  • l’harmonie dans nos vies, que celà soit dans notre sphère professionnelle, personnelle, familiale, amicale, amoureuse, etc…
  • et surtout, l’amour. Filial, marital ou universel, peu importe. L’Amour de soi, l’Amour de l’autre. et l’Amour avec un grand A pour ceux qui ne l’ont pas, celui qui transcende la vie et tout simplement, donne du goût à la vie.

Chana Tova ou metouka gmar khatima tova

(bonne et douce année, que vous soyez inscrit sur le livre de la vie)

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